[OFFICIEL] Star Wars Rebels : Dave Filoni décrit la production et l’héritage reçu

Dave Filoni est producteur, réalisateur et scénariste de la série animée Star Wars : Rebels. Il est une des personnes qui a probablement vu plus d’heures de contenu de Star Wars, à l’exception de George Lucas lui-même. C’est un passionné extrême de cet univers, ainsi que du processus de création de l’animation qui a reçu l’entière confiance de Lucas et Disney pour nous conter des histoires inscrites dans l’univers de Star Wars.

Depuis qu’il a commencé à travailler (en 2008) sur The Clone Wars, ce ne sont pas moins de 200 épisodes, ainsi qu’un film qui ont été réalisés sous sa direction au sein de Lucasfilm Animation.

La fin de la série animée Rebels est imminente (aux USA). La France commence à découvrir cette fin de saison palpitante ! C’est un bon moment pour faire le point sur ses sentiments et sur le processus de fabrication de ce chapitre important de l’histoire de Stars Wars.

Cet article décrit le processus de création de la série et de certaines des orientations qu’il a impulsé. Nous reviendrons également sur l’expérience que Filoni a acquise en travaillant sur The Clone Wars.

Toutes les citations ci-dessous sont de Dave Filoni et sont issues d’une interview donnée à Animation Magazine.

Une certaine satisfaction

Dave Filoni nous décrit son sentiment alors que son job sur Rebels touche à sa fin. Les six derniers épisodes lui semblent être le point d’orgue de cette série. Pour en avoir vu déjà quatre, je peux vous confirmer que c’est bien légitime !

Je suis plutôt satisfait. Nous avions travaillé de façon différente sur The Clone Wars. Mais il y a une différence entre avoir des théories sur la façon dont vous pourriez faire quelque chose et l’exécuter. Je pense que ces six derniers épisodes sont parmi nos meilleurs, ce qu’ils devraient être. Si nous revenions au début, il y a certaines choses que nous pourrions changer et améliorer un peu. Il y a toujours d’autres histoires que l’on peut raconter. En revanche, pour l’histoire d’Ezra Bridger, ça s’est passé d’une manière qui me plaît.

La culture Mandalorienne

Tout au long de la série et particulièrement au début de cette ultime saison, la culture Mandalorienne a été fortement mise en avant. Sabine Wren et sa famille, les Death Watch… Mais les Mandaloriens étaient déjà apparus auparavant dans l’univers de Star Wars, notamment dans The Clone Wars. Quelle est la part de cet héritage utilisé dans Rebels ?

Au temps jadis

La plus grande partie du contenu qui touche les Mandaloriens que nous voyons dans Rebels est juste une extension de ce qui est présent dans The Clone Wars. C’est lié à la collaboration directe avec George. En effet, il avait exposé ce qu’il pensait de cette civilisation à l’époque de la Guerre des Clones. Quand nous l’avons défini, à l’époque, j’ai pris beaucoup de matériau de l’univers étendu et j’ai essayé de répartir cela sur une plus grande plage chronologique qui inclurait ce qui se passait à l’époque de « Chevaliers de l’Ancienne République » et ensuite, des milliers d’années plus tard, ils deviendraient un type de société différent. Si vous regardez notre propre monde, les gens changent et évoluent, les sociétés et les empires se lèvent et s’effondrent.

Le présent

Donc, j’ai élargi ce que la société Mandalorienne serait sous l’Empire. L’histoire de Sabine devient une histoire de famille. Cette famille a été affectée et brisée par l’implication impériale dans sa société mais a essayé de la protéger. Toutefois, elle était confuse et se sentait ostracisée. Toutes ces histoires que vous construisez en mythologie correspondent à ce que les enfants ressentent dans la vraie vie. La façon dont les adolescents peuvent se sentir ostracisés et comme des étrangers quand leur monde est bouleversé. C’est pourquoi les aventures de Luke ou de Han nous sont familières. Nous avons tous des expériences similaires, mais probablement pas dans le Faucon Millenium !

La moralité dans Star Wars

La meilleure tactique à adopter pour combattre l’Empire est un thème majeur de Rebels. Différents points de vue se sont opposés, mais en est-il un qui reflète la vision propre de Dave Filoni quant à l’univers de Star Wars, ou même de notre monde ?

Je pense que le plus intéressant, c’est la question de l’ampleur. Au début, c’est l’histoire du bien contre le mal. Mais au fur et à mesure que vous progressez dans le monde plus complexe qu’offrent les préquelles, il y a plus de politique et de nombreuses parties impliquées. Je pense personnellement que cela rend les faits très réels. Ce n’est pas tant le mal bien visible qui pénètre votre monde que la racine de l’arbre pourrissant de l’intérieur. C’est ce qui provoque l’effondrement de quelque chose de beau.

C’est ce qui arrive souvent dans le monde réel. Des démocraties s’effondrent et deviennent des dictatures. Même les parties qui se battent du même côté discutent de la meilleure façon de gagner le combat. Devons-nous essayer d’utiliser la diplomatie ? Et si nous utilisons la violence, quelles sont les conséquences ? Tout le monde à la fin, même sans l’Empire, devient un pion du mal et des machinations de Palpatine.

Tout le message de Luke – et je pense à tout le message de Star Wars – n’est pas d’être de soi-même, mais d’être altruiste, de trouver un certain sens de l’illumination et d’inspirer les autres à s’engager dans une grande action. Donc, j’essaie de travailler à partir de ces mêmes thèmes à travers les rebelles et de montrer qu’il n’y a pas toutes ces réponses simples, mais il y a encore du bon et du mal, ainsi que différentes façons de se battre.

Comment ne PAS terminer la série ?

Dave Filoni a évité de terminer la série d’une façon qu’on aurait, peut être, pu attendre. Il s’agissait notamment de se positionner par rapport aux films dont l’intrigue se déroule juste après les événements contés dans Rebels.

Ne pas mettre en place l’un des films était notre but dès le départ. La fin de notre série n’allait pas être le début d’ Un Nouvel Espoir ou de Rogue One. Au début, on avait pensé raconter l’obtention des plans de l’Etoile de la Mort. C’est Rogue One qui a développé cette intrigue.

Il y avait toujours un grand débat sur l’Étoile de la Mort. Je pense que beaucoup de gens se disaient : « Ça s’appelle Star Wars Rebels, nous verrons l’Étoile de la Mort. » Le problème que j’ai avec cette histoire est que nos gars ne détruisent pas l’Étoile de la Mort. Je sais déjà que Luke le fait. Quel pourrait être le rôle de nos hommes à part être complètement anéanti par la station ? Nous voyons le Ghost voler dans Rogue One, mais je n’ai pas expliqué comment ou pourquoi c’est ainsi.

Et ce n’est certainement pas le but ultime pour nous de dire que nos personnages ont participé à l’action de ce film. Je pense que c’est fantastique, mais ce n’est pas le but de cette histoire. Cette histoire tourne vraiment autour d’Ezra et sa quête pour comprendre ce que signifie faire partie d’une famille.

La production d’un épisode

Produire une telle série, avec un timing associé implique de tenir les délais de réalisation.

Je dirais de la création à la finale qu’il faut près d’un an pour un épisode. Plusieurs semaines pour écrire un script, mais le script n’atteint sa forme finale que lorsque nous l’enregistrons. Nous avons fait l’histoire sur Rebels de deux manières différentes. Cela commence par l’utilisation de Toon Boom [1]. Nous avons fait une chose hybride qui est un peu 2D et un peu d’images générées par ordinateur. Quand on arrive à l’animation et à l’éclairage, au mixage final, c’est près d’un an … En fait un peu moins d’un an. Mais, par exemple, pour l’épisode 10 de la saison 4, je me souviens avoir écrit le scénario au mois d’octobre dernier et que nous avions fait un bon bout de chemin. Mes producteurs seraient probablement plus heureux si je disais que c’était plus comme 8-9 mois.

Ecrire Saison après saison

Dave Filoni ne travaille évidemment pas seul. Dans la suite de cette interview, il nous explique le travail d’équipe au sein du groupe.

Le travail en équipe

Nous essayons d’utiliser un processus de vérification avec beaucoup de gens créatifs dans la salle et voir si ça va marcher ou non. Nous sortons généralement de réunion avec un tas de contours, puis les gens se séparent pour écrire des épisodes individuellement. Nous disposons d’une salle d’écriture, mais j’aime venir avec quelques idées où nous aimerions aller. Cela ne veut pas dire que c’est exactement ce que nous allons écrire, mais cela nous donne une direction dans laquelle partir. De là, Henry Gilroy, Carrie Beck avec le personnel de soutien de Lucasfilm, les producteurs, et nous commencerions tous à parler de l’épisode.

Pour la plupart des épisodes, j’essaie d’élaborer un schéma de construction de ce que nous aimerions que l’épisode soit. Je fais des dessins pour que nous puissions commencer à avoir les visuels immédiatement, comme George le faisait.

La touche finale

À partir de là, les épisodes prennent forme. Nous envoyons un tas de notes aux auteurs individuels pour les faire réécrire. Ensuite, je prends habituellement tout et travaille sur la mise en scène et d’autres aspects. A la fin de la journée, je contrôle le dialogue final et la mise en scène des épisodes. J’y reviens avec les cinq réalisateurs avec qui je travaille en étroite collaboration. Nous travaillons également avec des coordinateurs de cascades pour prendre en compte l’aspect physique. Puis nous essayons de filmer avec beaucoup d’aller-retour et de reprises pour pouvoir éditer plus librement dans AVID [2], et même avec AVID, nous allons faire beaucoup de changements dans le script et essayer de trouver les meilleures directions.

Vivre cette aventure avec les gars de l’équipe Lucasfilm fait que ça marche. Un de mes monteurs adjoints jouait toujours Ezra Bridger, pendant les quatre saisons. Certaines personnes sont plutôt douées, mais pour la plupart, c’est plutôt terrible. Mais ça convient pour un animatique.

C’est en grande partie le processus et une extension de la façon dont j’ai travaillé avec George. Il essayait de l’améliorer tout le temps. Le script n’est jamais un document verrouillé et sécurisé, le vrai script est ce que vous voyez dans le fichier AVID.

Star Wars Multi-support

L’univers de Star Wars est déjà multi-support. Il existe des films, bien sûr, des livres et des comics, par exemple. Quel pourrait être l’avenir de la franchise dans cette optique ? Marvel a déjà donné un exemple (Films, TV, Streaming…). Cependant, Star Wars suivra-t-il la même voie ? Dave Filoni nous suggère que la fin de Star Wars ne serait pas pour tout de suite !

 

Je pense que nous avons notre propre façon de faire les choses et l’une des choses que nous essayons toujours de faire, c’est de relier toutes nos histoires. Lors de la production des films, je discute beaucoup avec Rian Johnson ou je vais voir JJ Abrams travailler. Nous aimons tous être au courant des histoires que tout le monde fait pour que vous ayez l’impression que c’est une grande galaxie.

George a toujours traité notre travail sur The Clone Wars de la même façon qu’il traitait les films. Ça fait partie de son histoire. Parfois, on peut avoir tendance à traiter l’animation comme « autre » ou comme quelque chose pour les enfants. Ce n’est pas mon expérience chez Lucasfilm. Nous racontons des histoires et nous utilisons le moyen d’animation pour le faire.

Donc, je pense que c’est ce que l’avenir nous réserve. Nous avons beaucoup de façons différentes de transmettre des histoires et nous choisissons les meilleurs médias et nous ne montrons aucun signe de ralentissement, donc la fin d’une chose signifie toujours le début d’une autre, et bientôt les gens apprendront ce qu’est cet autre.

 


Source : animationmagazine.net

[1] NdT : logiciel pour la réalisation et l’animation 2D

[2] NdT : solutions numériques pour l’enregistrement, la création, le montage et la distribution de médias numériques

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